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25.10.210
Nous aimerions, au nom de tous ses amis du monde de l’aviation, rendre, en quelques mots, un bref hommage à notre ami.
« Rien de grand ne se fait sans passion »
Cette phrase du philosophe allemand Hegel traduit bien la personnalité de Joseph. Son esprit bouillonnant d’idées était mû par les multiples passions qui l’habitaient. Ses proches, son entreprise, la musique et l’aviation notamment. A cause des unes, il avait mis provisoirement un frein à d’autres.
« Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve.»
Donnant la priorité au développement de son entreprise, il avait attendu d’avoir largement atteint la quarantaine, pour appliquer ce conseil d’Antoine de St Exupéry, et réaliser un rêve de toujours : prendre l’air aux commandes d’un engin volant.
Il y a une trentaine d’années, il avait obtenu sa licence de pilote de planeur, puis celle de pilote d’avion. Avec son Ventus « PM », puis avec son DG-400, enfin avec son DG-800M, il nous avait accompagnés dans de nombreux camps d’été.
Membre du comité de 1988 à 1992, il avait créé le premier outil de communication entre les membres du VVC Valais, la revue « L’Aigle valaisan ».
Rapidement, il était devenu l’ami et l’idole de ses cadets, simplement parce qu’il avait su rester jeune d’esprit et partageait leur enthousiasme.
Lorsque l’un d’eux prenait l’initiative d’entraîner les autres vers de nouvelles aventures, il était toujours partant.
On l’a vu, dans les brumes du Canada, s’initier au pilotage des hydravions. Fort de sa nouvelle qualification, il avait sillonné le Grand Nord, du Labrador à la baie d’Hudson. Lui, le citadin appréciant le confort, il savait faire le sacrifice d’une nuit dans une cabane, à entretenir un feu vacillant, pendant que ses collègues dormaient en toute quiétude.
Il y a une dizaine d’années, il avait décidé de s’acheter sa propre machine. Le hasard de cette acquisition l’avait rapproché de ses origines fribourgeoises, puisqu’il avait jeté son dévolu sur un appareil ayant appartenu au révérend Père Bochensky, réputé professeur de philosophie à l’Université de Fribourg.
Loin d’être un solitaire, Joseph aimait faire partager ses passions. A ses amis musiciens, il offrait volontiers un tour dans les airs. A ses amis pilotes, c’était une invitation à l’un de ses concerts de jazz.
En aviation, on a coutume de dire : « Il n’y a pas de bons pilotes ; il n’y a que de vieux pilotes. »
Homme de passion, certes, mais homme de raison également, il avait su devenir un vieux pilote. Simplement parce qu’il avait conscience de ses limites. Plutôt que de s’aventurer seul, il prenait volontiers l’air en compagnie d’un collègue plus expérimenté. Beaucoup d’entre nous gardent d’inoubliables souvenirs de virées en sa compagnie, dans le sud de la France ou ailleurs.
Passion, raison, générosité, enthousiasme : tels sont les quatre mots qui nous paraissent résumer le mieux les qualités que nous avons appréciées chez Joseph, tel que nous l’avons connu, et qui restera dans toutes nos mémoires.
Jean-François Bonvin pour pour le VVCValais

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